La lutte contre l’hépatite B ne se limite pas au traitement. Renforcer les capacités de la société civile en vue de la triple élimination en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale

date Publié le 28/07/2026

Chaque année, des milliers d’enfants en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale naissent avec le VIH, la syphilis ou l’hépatite B, des infections qui auraient pu être évitées. Ces trois infections partagent le même mode de transmission — de la mère à l’enfant — et la même période propice pour l’enrayer : la grossesse, l’accouchement et les premiers jours de vie du nouveau-né.

Cette fenêtre d’opportunité commune est à la base de la « triple élimination », une initiative de l’Organisation mondiale de la Santé qui encourage les pays à s’attaquer conjointement à l’élimination de la transmission mère-enfant du VIH, de la syphilis et de l’hépatite B, plutôt que de les traiter comme trois programmes distincts. L’intégration du dépistage, du traitement et de la vaccination dans les soins prénataux de routine permet de protéger un enfant contre ces trois infections en une seule consultation, au lieu de laisser des lacunes entre des systèmes de santé cloisonnés.

Regional summity 2023

L’engagement du CSIH-WCA en faveur de la « triple élimination » s’inscrit dans le prolongement direct du Sommet régional sur l’éradication du sida chez les enfants en Afrique de l’Ouest et du Centre (2023), que l’organisation a convoqué afin de rassembler les parties prenantes autour d’un problème commun : les efforts de lutte contre le VIH, la syphilis et l’hépatite B étaient trop souvent déconnectés les uns des autres, alors même qu’ils nécessitent les mêmes interventions aux mêmes étapes de la prise en charge. La recommandation du Sommet était claire : renforcer la collaboration et la coordination entre les stratégies de lutte contre ces trois maladies.

Là où tout a commencé

Cette recommandation s’est traduite par un programme de travail concret, mis en œuvre dans le cadre du projet « Technical Assistance Demand Generation on Community-Led Responses » (TADG CLR) du CSIH-WCA, soutenu par l’ONUSIDA grâce à un financement de l’USAID.

Cabo Verde needs assessment 2023

Comprendre les écarts, pays par pays

Avant de renforcer les capacités, le CSIH-WCA devait comprendre où en était réellement chaque pays. Des évaluations des besoins — combinant des analyses documentaires des politiques nationales et des données épidémiologiques à une analyse SWOT des capacités locales — ont été menées dans six pays : le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Libéria, la Sierra Leone et le Togo.

Les résultats variaient considérablement d’un pays à l’autre. Le Burkina Faso, par exemple, disposait déjà d’un plan stratégique national pour la triple élimination couvrant la période 2021-2025, avec des données sur la prévention de la transmission mère-enfant du VIH collectées suffisamment régulièrement pour donner une image précise de la situation sur le terrain — même si l’instabilité politique persistante reste un risque pour la mise en œuvre. Le Togo et la Côte d’Ivoire, en revanche, ne disposaient d’aucune stratégie nationale en matière de triple élimination, bien qu’ils collectent eux aussi régulièrement des données sur la PTME. Cette lacune — un pays qui suit les données dont il a besoin mais qui ne dispose pas du plan stratégique nécessaire pour agir en conséquence — est apparue comme l’une des opportunités les plus évidentes mises en évidence par les évaluations.

À l’écoute des acteurs de terrain

Les données ne suffisent pas à elles seules à renforcer les capacités. Parallèlement aux évaluations nationales, le CSIH-WCA a consulté 20 parties prenantes — bénéficiaires principaux, sous-bénéficiaires et sous-sous-bénéficiaires du Fonds mondial — dans les six pays cibles, par le biais d’entretiens approfondis et de groupes de discussion virtuels. Parmi les participants figuraient des organisations communautaires et de la société civile, des agences gouvernementales ainsi que des partenaires techniques et financiers internationaux, qui ont tous donné leur avis sur les procédures et politiques existantes, ainsi que sur les défis concrets qui font obstacle à la triple élimination.

Transformer les conclusions en compétences

Les consultations et les évaluations ont directement alimenté six ateliers de renforcement des capacités, organisés au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire, au Togo, au Libéria, au Ghana et en Sierra Leone, auxquels ont participé 150 personnes issues d’organisations de la société civile, d’organisations communautaires, des pouvoirs publics et des partenaires du Fonds mondial. Ces ateliers ont porté sur des priorités pratiques et spécifiques à chaque pays, identifiées lors des évaluations des besoins : du plaidoyer en faveur de services différenciés pour les adolescents vivant avec le VIH au Burkina Faso, à la mise en place d’approches systématiques pour recenser les cas de stigmatisation et de discrimination au Libéria, en passant par les techniques participatives d’engagement communautaire au Ghana.

Afin que cette initiative perdure au-delà de la durée d’un simple atelier, le CSIH-WCA a également élaboré six procédures opérationnelles standard — une par pays — qui fournissent aux organisations de la société civile des orientations structurées et concrètes qu’elles pourront appliquer directement à leurs propres programmes de « triple élimination » à l’avenir.

Pourquoi est-ce important ?

La triple élimination est, par essence, une question d’équité. Le risque pour un enfant de naître avec une infection évitable ne devrait pas dépendre de la coordination entre les programmes nationaux de lutte contre le VIH, la syphilis et l’hépatite B. En renforçant les organisations de la société civile les plus proches des communautés — celles qui sont les mieux placées pour identifier les lacunes, plaider en faveur d’un changement de politique et demander des comptes aux systèmes de santé —, le CSIH-WCA contribue à mettre en place le type de réponse intégrée et pilotée localement que nécessite la triple élimination.

Le travail se poursuit. Des évaluations des besoins sont en cours au Libéria, en Sierra Leone et au Ghana, et le CSIH-WCA continue de soutenir les organisations de la société civile de la région afin de transformer les engagements nationaux en actions coordonnées sur le terrain qui permettront à l’Afrique de l’Ouest et à l’Afrique centrale de se rapprocher d’une génération née sans VIH, sans syphilis et sans hépatite B.

Ce travail s’inscrit dans le cadre du projet « Technical Assistance Demand Generation on Community-Led Responses » (TADG CLR), soutenu par l’ONUSIDA grâce à un financement de l’USAID.

Regional summit 2023
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